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Loin des regards [Libre]


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MessageSujet: Loin des regards [Libre] Dim 10 Juil - 2:04

Parfois, on a besoin de réfléchir tranquille, à l'abri du regard des autres. On ne demande qu'un peu de temps pour se retrouver dans ses pensées sans que personne ne vienne nous interrompre, nous déranger. Tout le monde a besoin d'un minimum de solitude pour pouvoir se reposer les questions essentielles et prendre une pause de la vie durement menée. Oui, la vie n'est pas facile. Elle est remplie d'obstacles qu'il faut soit franchir, soit détruire. Dans les deux cas, ce n'est jamais une partie de plaisir. De jour en jour, le niveau de difficulté augmente. Certains abandonnent vite la partie et d'autres voient cela comme un défi. Un défi où leur honneur est en jeu. S'ils réussissent, ce sont des gens forts. Tous ceux qui sont vivants aujourd'hui sont des personnes avec un semblant de force. Les autres, ceux qui abandonnent lâchement, sont des êtres faibles. On leur a offert la vie, ils l'on reçus sur un plateau de verre. Apparemment, ceux-ci sont nés pour se tuer de leurs propres mains. Ils sont nés trop faibles pour pouvoir réussir à franchir les étapes une par une. C'était le cas de cette jeune élève solitaire du lycée pour jeunes filles. Celle qui franchissait souvent la porte de la bibliothèque pour s'évader à travers des bouquins. Celle qui s'apitoyait sans cesse sur son sort, sans jamais rien faire quand on l'insultait ou on lui faisait du mal.

Je me souviens de cette étudiante, elle avait toujours l'air de penser à autre chose. On aurait dit qu'elle retenait toujours des larmes, car elle affichait une mine triste. Sans quoi personne n'osait l'approcher pour lui tendre sa main, parce que personne ne veut d'un poids sur ses épaules. Personne ne veut être ami avec quelqu'un qui a une pitoyable confiance en soi, voir casi-inexistante. Surtout pas moi, ce genre de personnes est tellement décourageant. Je me souviens d'une fois où je lui ai adressé la parole pour lui demander une simple question de mathématiques. C'était une élève hors-pair et elle était assise juste à côté de moi, alors autant en profiter. Elle m'a répondu froidement et se mit à me parler de ses problèmes en faisant un changement de sujet loin d'être discret. On aurait dit qu'elle voulait que j'aille pitié d'elle pour que je devienne son amie. Après la fin de son discours, je lui ai ris au nez et je suis partie sans un mot. Je n'aime pas les faibles et je n'ai aucune pitié pour ces gens. Quand j'en rencontre, je les ignore ou rit. C'est tellement drôle de voir des gens tellement désespérés qu'ils essayent de se faire des amis en faisant pitié. En tout cas, cette fille n'a pas parlé à la bonne personne.

Aujourd'hui même, un professeur nous a annoncé son suicide. Tout ça avec une touche d'émotion dans la voix. Si je me sens coupable ? Absolument pas, je n'y suis pour rien. Une personne qui n'ai pas capable de se débrouiller seule ne mérite pas son droit à l'existence. Tout le reste de la journée, l'ambiance de la classe a été plutôt lourde. Comme si tout le monde était bouleversé par cette ''terrible'' nouvelle. Pourtant, je ne me souviens pas que de quelconques élèves de cette classe lui montrait de l'amitié sincère. Je suis sûr qu'il y en a qui se forçait pour avoir l'air triste, comme pour ne pas passer pour des sans-cœur. Ou pour ne pas être trop différent, pour se fondre dans la masse. Moi, j'ai gardé mon humeur habituel, rien de plus normal. Ce n'était qu'un être humain parmi tant d'autres, pas de quoi en faire un désastre. Elle n'avait qu'à être plus forte et à se forger un caractère.

Je sors de la bâtisse en écoutant le bruit du frottement de mes pas sur le sol. Avançant, je regarde pour voir si je ne verrais pas des amies passer par là, question de ne pas rentrer seule. Personne en vue, je prévois donc faire un petit détour au centre commercial. Je quitte le territoire de l'école en baillant. Ce que les cours sont à mourir d'ennuis, une chance qu'il y a ce qu'on appelle les comiques de classe. Parfois j'en fais partie, d'autres non. Il y a des jours où je ne suis pas d'humeur à faire des blagues aux professeurs, d'autres je n'ai envie que de ça. Je m'apprête à me diriger vers la centre commercial quand j'aperçois une ombre en avant de moi. Je lève la tête et remarque un étudiant du lycée pour garçons que je ne pense pas connaitre. Il saisit mon sac et tente de me le retirer. Réaction automatique, j'élance mon poing vers son visage, mais quelque chose l'attrape. Apparemment, ce type n'est pas seul. Ils tentent de me retenir, mais je pars à la course dans une direction inverse. Je regarde à l'arrière et ils me poursuivent, ce qui n'est pas vraiment génial. Soudainement, je sens une goutte de plus atterrir sur l'un de mes bras, ce qui me fait lever la tête. De gros nuages gris couvrent le ciel et annoncent un monstrueux orage d'après moi.

Je réussis finalement à les semer au détour d'une route, en tout cas je crois. Je suis assez fatiguée de courir et halète, je ne suis pas habituée de courir autant. Je ne suis pas du genre à me lever hyper tôt le matin afin d'aller faire du jogging. J'entre sans réfléchir dans un cimetière et me poste derrière la plus énorme pierre tombale. Je jette un coup d'œil discret en dehors du cimetière et il y a bel et bien les garçons de tout à l'heure. D'ailleurs, maintenant que j'y pense, j'ignore ce qu'ils me veulent exactement. Il y a en effet beaucoup d'argent dans mon sac, car j'avais déjà prévu aller au centre commercial, mais comment ont-ils pu l'apprendre ? Me revient en tête ma discussion à propos de cela avec une copine et l'arrivée inattendue d'une des pestes du lycée. Ça ne m'étonnerait pas qu'elle ait été hurler sur tous les toits que j'étais plein les as. Tout à coup, il se met à pleuvoir des cordes et même de la grêle, ce qui ne fait pas de bien au contact de ma peau. Je vois mes agresseurs partir, abandonnant la partie. Je ne sais pas si c'est à cause de la grêle ou du fait qu'ils m'aient perdu de vue, mais honnêtement ils perdent des points. Moi qui les croyait des gros méchants près à tout. D'ailleurs, je suis où là ? Je sais bien que je suis dans un cimetière, mais où exactement, je ne le sais pas. Je n'ai pas un très bon sens de l'orientation et ne retrouvera sûrement pas facilement le chemin vers le centre commercial ou vers chez moi. Bon, autant en profiter pour visiter le coin. Je fouine dans le cimetière voir si je ne pourrais pas trouver des trucs intéressants, parfois les gens laissent des choses étranges sur des pierres tombales. Mais je commence vraiment à avoir froid avec cette pluie et cette grêle. Je suis mouillée de la tête aux pieds... Je regarde autour de moi et me demande une fois de plus où je me trouve.




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MessageSujet: Re: Loin des regards [Libre] Lun 11 Juil - 2:40

[Je me permet de m'incruster t'as pas le choix anyway ! 8D]

Au fait. Qu'est-ce que tu fais ici ? Qu'est-ce que tu attends ? Non en fait, la véritable question est. Pourquoi es-tu venu ici ? Stefania, tu sais à quel point elle te manque. Combien tu aimerais encore la serrer dans tes bras. Mais tu ne peux pas.

C'est un peu con tout ça. Tu ne peux pas la revoir. La voir sourire encore. Tu ne peux pas la revoir. La voir heureuse. Non, tu ne peux pas. Tu ne pourras plus jamais. Jamais plus. D'abord parce que tu n'es même pas dans le bon cimetière. Non en fait. Tu n'es même pas dans le bon pays. Actuellement, tu es au Japon, pays du soleil levant. Tu es là pour parler avec un autre mafieux. Tu es là parce qu'on t'a dit de venir. Et que comme tu n'aime pas les embrouilles, tu es venu. Là, ici. Dans cette endroit glauque. Dans cette endroit qui respire la mort dans tous les coins. En même temps, les cimetières sont fait pour ça. Accueillir les morts. Depuis sa mort. Depuis leur mort. Tu n'as de cesse de parcourir les cimetières que tu croises. Pour faire genre tu t'intéresses aux pauvres défunts et leur famille. Mais en fait, tu t'en fiches. Tu t'en fiches aussi bien que de la première dent de lait de Jésus. Tu n'es ici que pour espérer que l'un d'entre eux croise ta soeur. Pour lui dire à quel point elle te manque, à quel point tu aimerais de nouveau la serrer dans tes bras. Tu parcours tombe après tombe. Nom après nom. Puis tu penses. Peut-être, par pur hasard, l'un d'entre eux est mort, tué par un mafieux de ce pays. Peut-être que, par pur hasard, ces gens étaient eux-même des mafieux. Ca te fait sourire cette pensée. Une pensée vraiment idiote. Seuls les plus connus, les plus hauts gradés ont le droit à une tombe correct. Seuls ceux qui ont réellement servit le clan pouvait espérer être enterré comme il le se doit. A moins que la famille. Les amis. Les autres ne veuillent que la personne inconnue soit aussi bien installée parmi les autre morts. Tu n'en savais rien. Rien du tout. Tu préfères encore te dire que ces gens sont normaux. Qu'ils sont morts d'une maladie. De vieillesse. D'un accident banal. Mais pas par une balle perdue. Pas par un règlement de compte. Pas par toi.
Parce que si ça se trouve, tu en a tué, de ces Japonais. Tu es peut-être la cause de leur mort. Comme tu l'as été pour un nombre incalculable de personnes. Tu as tellement dérapé ces derniers temps. Des civils sont passé. Des enfants même. Mais tu n'avais aucun remords. Normal pour une mafieuse. Normal pour une fille qui sert les Sangre. Tu es peut-être celle qui a tué cette personne. Celle à qui tu es en train de regarder la pierre tombale. Cette "Suzuki Kazuo". Peut-être. Tu n'en savais rien. Des mafieux. Des touristes. Des enfants. Des femmes. Des vieux. Et même des poissons rouges. Tout y sont passé lorsque tu pétais un câble durant une mission. Mais toujours aucun remord. Toujours ce sourire satisfait. Satisfaite d'avoir terminée la mission. D'avoir été utile aux Sangre. Utile là où ta soeur aurait voulue l'être. Et ces idiots de policiers. "Élite de l'Italie". Même pas capable d'avoir Stefania. Qu'est-ce que ce sera pour son Boss alors. Qu'est-ce que ce sera lorsque tout le clan se révoltera contre une quelconque décision de l’État. Qu'est-ce que ce sera lorsque le clan tuera l'Italie. Un large sourire se dessina sur ton visage. Ahaha. Oui, quand ce sera arrivé, tu rigoleras moins. Face à la Mafia italienne, il y aura des armées. Des policiers. Mais de toute manière, qu'est-ce que ça peut te faire ? La vie, cette petite fille insolente. Tu ne cours pas après elle. Si elle ne veut plus de toi, alors tant pis. Tu le sais ça. Que de toute manière, la vie te lâchera un jour ou l'autre. Qu'à tout instant tu pouvais la perdre. Comme tu as perdu ta soeur en une fraction de seconde.

Et là, tu bloques. Obligatoirement. Tu viens de tomber sur quelque chose que tu aurais préféré évité. En même temps, tu ne pensais pas tomber sur ça ici. Pas dans ce pays où les cons vocaux sont trop différents de ceux des Européens. Tu as envie de verser une larme. Tu en as vraiment envie. Mais tu ne le fais pas. Tu ne fais rien d'autre que de fixer cette plaque en faux marbre. Ces fleurs qui devaient être récemment déposées, car encore belles. Tu fixes sans le vouloir ce nom. Si familier. Si plaisant à dire. Tu ouvres la bouche pour le prononcer. Mais tu as peur. Peur ? De quoi ? De ne plus pouvoir continuer ensuite. Ca allait faire quelques mois déjà. Déjà. Mais tu n'as plus jamais dis le prénom de ta jumelle depuis. "Cinzia". Tu la regrettais tellement. Au point d'en devenir folle. Au point de vouloir la revoir, quitte à la déterrer. Non. Non, tu ne le ferais pas. Elle est morte. Tu devais tourner la page. Mais tu en es incapable. Idiote que tu es. Naïve que tu es. Têtue que tu es. Tu es. Trop. Faible. Si seulement ça se savait. Plus personne ne te regarderai comme la fille capable de tuer aussi discrètement qu'une ombre. Si ça se savait, tu perdrais toute crédibilité. Toute cette confiance. Cette puissance. Tu la perdrais. Tu en perdrais peut-être la vie même. Ou alors ce ne serais pas toi qui mourrais. Parce que tu sais comment ça se passe à l'intérieur de l'organisation. Tu sais que tu es trop importante. Trop agile. Trop indispensable. Non. A la place, ils tueraient ce bébé. Leandro. Ton neveu. Ton seul souvenir de ta soeur. C'est pour ça que tu te tais. Que tu pètes un câble hors d'Italie. Pour que ça se saches moins vite, pour que tu aies le temps de tout effacer. Ou au pire te trouver une excuse.

Mais voilà que ton silence intérieur est brisé. Quelqu'un est là. Tout près de toi. Alors tu restes prudente. Et tu vas la voir.





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MessageSujet: Re: Loin des regards [Libre] Ven 29 Juil - 1:17

Toute cette pluie m'inspire bien de la tristesse. Pas que je sois triste, loin de là. Simplement, ça me fait penser à cette émotion des plus désagréables. Personne n'aime vivre un moment où l'on pleure à chaudes larmes, car quand ça se produit, c'est que l'on souffre. Que l'on sent notre cœur se serrer et notre sang arrêter de circuler, même si tout cela n'est qu'une illusion. Sans que je le veuille, mon corps se met à grelotter subitement. Je lui ordonne d'arrêter, mais il ne veut savoir. Il ne veut plus m'écouter, je perds son contrôle. Je regarde le ciel et reçoit un morceau de grêle dans l'œil, ce qui me fait visiblement assez mal. Je commence à frotter, ce qui n'est pas une bonne chose tout compte fait. J'ouvre celui-ci le plus grand possible et attrape doucement le glaçon coincé derrière ma paupière. Je suis sûre d'avoir l'œil rouge maintenant. Je continue de marcher à travers le cimetière, regardant les pierres tombales. Je ne risque pas de voir s'afficher devant mes yeux le nom d'une personne que je connaissais. Je suis de l'Italie, et toute ma famille ou presque y est encore. Il a seulement Salvatore qui nous a suivis mon père et moi. Je pourrais peut-être l'appeler pour qu'il vienne me chercher en voiture. Mais maintenant que j'y pense, son téléphone portable est foutu et il n'a pas encore pensé à s'en acheter un nouveau. Comment je vais faire maintenant ? Je n'ai pas le goût d'appeler mon père parce qu'il va falloir que je lui raconte ce qu'il m'est arrivé. Et là, le papa poule qui est en lui va vite me sauter dessus sans que j'ai le temps de dire « Ah! ». Je passe une main sur une pierre finement gravé. Ça m'a l'air très récent, car en plus de ça des fleurs sont posées à côté. Je prends une fleur entre mes doigts et la sent pour ensuite la jeter par terre et l'écraser. À quoi bon donner un bouquet à un mort ? J'observe les autres fleurs et elles sont en train de briser à cause de la grêle. Ça ne servirait à rien de les écraser elles aussi, d'ici peu de temps elles seront décapitées. Sérieusement, je trouve ça tellement inutile de faire un bouquet à l'intention d'un cadavre. Il est mort. Parti pour l'éternité. Il ne va jamais savoir ce que tu lui a offert. Pourquoi dépenser de l'argent pour rien ? Je tourne doucement la tête et aperçoit une jeune fille tout près. Elle est blonde, tout comme moi, et j'ignore si elle a remarqué ma présence. Celle-ci est sûrement venue ''voir'' une personne de son entourage décédé. Après tout, c'est la raison principale pourquoi les gens viennent dans les cimetières. Pourtant, moi, je ne suis pas là pour ça. Enfaites, je suis là pour rien du tout. Si je suis ici, c'est un hasard. Je n'ai jamais vraiment voulu entrer dans ce cimetière. Mais mes poursuivants m'ont obligé cette initiative. Je n'y peux rien. Je fais quelques pas vers la demoiselle, souriante. Puis, arrivé derrière elle, je lui donne une légère tape sur l'épaule pour l'avertir de ma présence. Je passe une main sur ma tête pour enlever un peu d'eau et de grêle de sur mes cheveux et je lui dis :
« Bonsoir ! Tu n'aurais pas un GPS par hasard ? J'ne sais pas trop comment rentrer chez moi en étant ici. »
Je lui demande ça sur un ton plutôt calme et gentil, espérant qu'elle en aille un. Ensuite, si elle ne veut pas m'aider, je lui prendrais. Rien de plus simple, je suis une ''criminelle'' après tout. Et puis, je vais être généreuse, je vais lui remettre après si je me dois de le lui prendre par la force. Toutefois, je ne penserais pas, à moins que se soit une vilaine sorcière, haha.




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MessageSujet: Re: Loin des regards [Libre] Ven 29 Juil - 2:07

Tu n'as pas eu besoin de bouger finalement. C'est cette personne qui est venue à ta rencontre. Elle te donnait une frappe amicale, peut-être, sur l'épaule. Tu n'étais pas habituée à ce genre de contacte avec les inconnus. Ça t'effrayais dans un sens. Tu ne savais pas ce qu'il y avait dans leur main. Tu ne savais pas si c'était un piège. Tu ne pouvais faire confiance à personne. Même pas au plus petit bébé. Bébé qui pourrait être une bombe. Ou sa poussette remplit de C4. Tu n'en savais rien. C'est pour cela que tu te reculais d'un pas de cette personne. Par pur prudence. Par précaution. Alors qu'elle -tu voyais bien que c'était une fille- continuait à sourire en te demandant un GPS. Et à cette question, tu ne pouvais t'empêcher de sourire. Qui en cette ville aurait besoin d'un GPS pour piéton ? Même si ça ne t'aurais pas déranger d'en avoir un. « Non, désolée, je n'en ai pas. » Tu essayais de cacher le plus possible ton accent. Parce qu'après tout, ce serait fâcheux si des personnes aux intentions bizarre venaient à apprendre que tu te trouvais au Japon et non en Italie. Toi, petite bête noir de certaines familles que tu ne connaissais que trop bien. Comme celle des Viozio. Cette famille à qui tu avait enlever le Boss. Cette famille qui avait tué ta soeur. Ça t'apprendra à tuer d'une façon original ; ils savaient tous facilement que c'était toi. « Mais la sortie du cimetière est quelques allées plus loin. » L'aider, elle ? Cette inconnue aux cheveux soleil ? Cette inconnue qui te parlait de manière si familière ? Non, pas l'aider. Juste. T'en débarrasser ? Tu voulais être seule, juste un peu, devant cette tombe, devant cette "Cinzia" qui n'était pas la tienne. Tu voulais simplement reste seule pour ne plus à avoir à réfléchir aux problèmes que la vie t'imposait. Tu voulais la paix. Paix que tu n'auras jamais. A moins de te faire enterrer parmi les morts. Mais tu te souviens des paroles de ton Boss. Qui te disait que non, tu n'avais pas le droit de mourir avant d'avoir finit de servir entièrement la famille. En somme, tu devais rester en vie jusqu'à ce que ton Parrain l'ait décidé. Si ce n'était pas pathétique, vivre accroché à quelqu'un. A cette homme qui plus est. Tes parents en pleureraient s'ils voyaient ça. Mais comme les autres petits mafieux teigneux, tu ne pouvais pas faire autre chose que de lui obéir. Tu devais le suivre. Comme une poupée. Ou plutôt. Comme une marionnette. Tu respires parce qu'il te l'ordonne, tu vis parce qu'il le désir. « Je peux t'aider à retrouver ton chemin si tu veux. » Ça ne te dérangeait pas de l'accompagner jusqu'à la sortie. Si elle te laissait tranquille ensuite. Puis tu reviendrais sur cette tombe au nom italien. Tu parlerais à cette défunte. De la Cinzia que tu as connu toi.

La vie est mal faite, Stephania. Il ne faut pas trop en demander, ou on t'en enlèvera. Mais comme le dit le proverbe c'est inutile, donc indispensable, n'est-ce pas ? Mais toi, qu'as-tu demandé pour qu'on t'en enlève ? N'as-tu pas souhaité l'unique guérison et le bonheur de ta soeur ? Était-ce trop pour qu'on te l'enlève ? Surement. Ironie du sort. Sort ironique. La prochaine fois, tu feras plus attention. Mais, quel prochaine fois, justement ? Il n'y en aura plus aucune, de prochaine fois. Tu n'avais droit qu'à une seule chance. Une unique chance que tu as gaspillé. Et tu as tout perdu comme ça. N'est-ce donc pas terrible ? Mais tu t'en fiches. Tu t'en fiches maintenant. Maintenant que tout n'est qu'illusion, qu'as-tu à faire du reste du monde ? Tu n'es en vie que parce qu'on te l'a ordonné. Tu as déjà accomplis ce que tu devais faire. La venger. Les venger. Ah. Quelle petite fille naïve tu fais, Stepahnia. Regarde donc celle qui est à côté de toi. Elle sourit, elle. Peut-être qu'elle a perdue des proches. Des amis. De la famille. Tu n'en sais rien, mais même si elle a -peut-être- vécu ça, elle sourit, elle reste droite. Elle rayonne. Dans ce monde si sombre, tu as l'impression que cette fille est un petit bout de lumière. Mais tu te trompes peut-être. Si ça se trouve, elle aussi est une mafieuse. Si ça se trouve, elle est là pour te tuer. Bah, qu'importe. Les ordres sont donnés pour ne pas être respecter. C'est comme les promesses ça, tu le sais, petite idiote. « Enfin, je dis ça, peut-être que tu préfères y aller seule. » Qu'importe la réponse. Le résultat est le même. Tous les chemins mènent à Rome, non ?





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